la stèle prè du pont

la stèle prè du pont

# Posté le lundi 19 juin 2006 10:48

lè date clé de l'enquête

lè date clé de l'enquête
Double disparition de Julie et Mélissa à Grâce-Hollogne. Une vaste et longue campagne d'affichage va débuter dans l'espoir de les retrouver.
4 juillet 95 Les parents de Julie et Mélissa donnent une conférence de presse afin de lancer un appel aux ravisseurs. Cet appel sera relayé par tous les médias nationaux mais également par la presse française, italienne, anglaise ainsi que par Euronews.
7 juillet 95 La gendarmerie de Grâce-Hollogne et la BSR de Seraing, en charge de l'enquête sur cette mystérieuse disparition, reçoivent de Charleroi les premières informations sur un suspect d'enlèvements d'enfants : Marc DUTROUX. Les familles ne l'apprendront qu'un an et demi plus tard, à la faveur du travail de la Commission d'enquête sur les disparitions d'enfants.
27 juillet 95 Les parents RUSSO et LEJEUNE lancent un nouvel appel à témoin afin de retrouver un personnage non identifié, aperçu par un riverain, dans les heures et dans les parages de l'enlèvement des petites filles. Ce personnage ne sera jamais identifié.
30 juillet 95 Une vaste battue est organisée et largement médiatisée par la gendarmerie, à Ougrée, commune avoisinante de Grâce-Hollogne, afin de retrouver la trace de Julie et Mélissa. Personne ne connaîtra jamais les raisons qui ont poussé la gendarmerie à s'intéresser à ce site.
2 août 95 Par le biais de la presse belge, Roberto BAGGIO, le célèbre footballeur italien, prête son concours aux parents de Julie et Mélissa pour relancer l'attention du public sur leur disparition. Cette action ravive l'attention et la solidarité citoyenne autour du dramatique événement.
16 août 95 Un consultant en informatique nivellois prend l'initiative de diffuser l'avis de disparition de Julie et Mélissa sur le Net, rendant, de cette façon, l'information accessible à l'échelle mondiale.
23 août 95 A Ostende, deux jeunes filles disparaissent de manière aussi mystérieuse que Julie et Mélissa. Il s'agit de deux jeunes Hasseltoises : An MARCHAL et Eefje LAMBRECHTS.
28 août 95 Les producteurs de l'émission française "Perdu de vue" s'intéressent à la disparition des deux petites Liégeoises. Les premiers tournages sont effectués à Grâce-Hollogne en vue de reconstituer les circonstances de cette disparition. La diffusion de l'émission est prévue pour le 4 septembre. Entre-temps, le reportage devra être recommencé. Les reporters de TF1 seront, en effet, délestés des cassettes vidéos réalisées, sur leur trajet de retour vers Paris. Ces cassettes seront retrouvées, quelque temps plus tard, à Jumet (entité où est domicilié WEINSTEIN, le complice présumé de DUTROUX dans les enlèvements d'enfants). Cette étrange coïncidence ne sera jamais éclaircie.
A la même époque, les familles RUSSO et LEJEUNE vont envoyer des dizaines de courriers d'interpellation à tous les parlementaires du pays ainsi qu'aux différents présidents de chaque formation politique, aux ministres de l'intérieur et de la Justice, aux membres de la famille royale, dans l'espoir de voir le monde politique se pencher sur ce type de criminalité gravissime que sont les enlèvements d'enfants ainsi que sur les nombreuses carences déjà relevées par les familles au sein du fonctionnement judiciaire.

# Posté le lundi 19 juin 2006 10:50

lè date (suite)

lè date (suite)
11 septembre 95 À l'instigation du ministre de la Justice, Stefaan DE CLERCK et en réponse aux interpellations des familles RUSSO et LEJEUNE, une cellule "disparitions" est créée au sein de la gendarmerie.
13 septembre 95 Sur les ondes de la RTBF, l'émission "Faits divers" traite, pour la première fois, le sujet de la disparition des petites Julie et Mélissa. En direct sur le plateau, les parents feront part au Procureur Général de Liège GIET, de leurs constatations de l'inefficience de l'enquête et lui répéteront publiquement leur demande d'accès au dossier d'instruction afin d'être informés de l'évolution des recherches. Malgré la répétition constante de ce souhait durant les quatorze mois de disparition des enfants, le Procureur Général persistera dans son refus. Les familles obtiendront cet accès à l'enquête liégeoise, trois mois après que leurs petites filles aient été retrouvées mortes à Sars-La-Buissière. Bien trop tard pour que cette consultation de l'enquête puisse encore s'avérer utile à sauver les petites.
5 novembre 95 Les parents des petites filles rédigent et diffusent une pétition dans le but d'appuyer leur souhait de se voir informés de l'évolution de l'enquête par l'accès au dossier judiciaire. Plus de cent mille signatures seront récoltées en deux semaines. Le politique répondra que la séparation des pouvoirs ne lui permet pas d'agir sur ce plan. La balle est renvoyée à la Justice. Mais celle-ci est aux abonnés absents.
Dans le même temps, les parents porteront plainte en référé contre l'Etat, pour insuffisance légale en matière de droits des victimes, en particulierle droit d'accès au dossier d'instruction. La justice, quant à elle, rejettera cette action, la jugeant recevable mais non fondée.
Il faudra attendre les sinistres événements d'août 96, l'indignation de la population et la pression de la Marche blanche d'octobre 96 pour que la toute première réaction du monde politique prenne corps dans l'annonce de la réforme FRANCHIMONT par le Premier ministre DEHAENE.
Janvier 96 Les parents apprennent que plusieurs enquêteurs sont retirés de l'enquête faute de pistes concrètes sur lesquelles continuer de s'investir. Pendant cette même période, DUTROUX est emprisonné pour des faits de séquestration et de viols. Julie et Mélissa, toujours vivantes, restent seules, livrées à leur triste sort.
1er février 96 Un Comité de Soutien aux parents de Julie et Mélissa voit le jour. Il est constitué de plusieurs personnalités émanant des mondes politiques, judiciaires, journalistiques et scientifiques. Son rôle : relayer et se faire porte-parole des revendications des parents afin de lutter contre l'enlisement de l'enquête sur l'enlèvement des petites.
20 mars 96 A Charleroi, DUTROUX est relaxé pour "raisons humanitaires". L'enquête de Neufchâteau établira que c'est à ce moment que les petites vont décéder et être enterrées dans le jardin de Sars-La-Buissière. C'est également à ce moment précis, que la juge DOUTREWE, chargée de l'instruction et des recherches qui les concernent, voit, pour sa part, son domicile privé perquisitionné par un juge bruxellois dans le cadre d'une affaire d'escroquerie impliquant son époux. Il tombe sous le sens que dans un tel climat, la direction et la maîtrise de l'enquête ne peuvent que lui échapper. Impossible, dans de telles conditions, d'être prête à bondir sur la dernière opportunité qui aurait pu se présenter à elle pour sauver Julie et Mélissa. Cette semaine-là était pourtant celle de la dernière chance pour les deux petites prisonnières...

# Posté le lundi 19 juin 2006 10:51

lè date (encore suite)

lè date (encore suite)
15 avril 96 Une nouvelle émission consacrée à l'enlèvement de Julie et Mélissa "Témoin n°1" est programmée sur les ondes de TF1. Les réalisateurs recevront, à ce moment, plusieurs témoignages dont un apportant certaines informations concernant l'existence d'un réseau pédophile à Charleroi. Ce témoignage dûment communiqué à la justice belge ne sera jamais exploité.
28 mai 96 A Kain, survient une nouvelle disparition inexplicable : celle de la petite Sabine DARDENNE.
24 Juin 96 Les RUSSO et les LEJEUNE entourés de leur Comité de Soutien donnent une nouvelle conférence de presse au cours de laquelle ils exposent 58 questions édifiantes quant à la manière dont est menée l'enquête depuis un an. Plus que jamais murée dans sa tour d'ivoire, la Justice s'enfermera dans le silence. Le pouvoir politique ne montrera pas plus de réaction.
Juillet 96 Pour faire face à l'angoissant silence des responsables de l'enquête, Gino RUSSO et Jean-Denis LEJEUNE entament une série de voyages outre-Atlantique afin de continuer eux-mêmes la recherche de leurs petites filles, en multipliant les contacts avec les organismes étrangers susceptibles de les aider dans cette recherche éperdue.
9 août 96 Une disparition inquiétante fait à nouveau la Une des journaux. Laetitia DELHEZ n'est pas rentrée à son domicile ce soir-là, après un passage à la piscine de Bertrix. Le parquet de Neufchâteau avisé de la situation, prend les choses en mains. A la stupeur générale, Laetitia et Sabine seront retrouvées quelques jours plus tard dans la sinistre cave de ce fameux suspect n°1 de la gendarmerie dans l'enquête Julie et Mélissa : Marc DUTROUX.
17 août 96 Les corps défunts de Julie et Mélissa sont retrouvés dans le jardin de l'épouse de DUTROUX : Michelle MARTIN. Leurs funérailles, célébrées à la Basilique Saint Martin à Liège, seront retransmises intégralement et en direct sur la chaîne publique. Images inoubliables qui feront le tour du monde et focaliseront dès lors, toute l'attention des médias tant nationaux qu'internationaux sur cette pénible affaire. Médias, judiciaires et politiques semblent brusquement se réveiller, se montrant sensibilisés, s'indignant haut et fort à tour de rôle, "s'emballant" comme jamais. Après tant de mois d'immobilisme et d'indifférence face aux appels désespérés des parents, on tente de refouler responsabilité et culpabilité : on accuse tout ce qui bouge, mais surtout pas soi-même. Personne ne sera capable de s'essayer à un examen de conscience personnelle. "C'est pas moi... c'est l'autre" sera le triste thème d'un spectacle déplorable auquel vont allègrement participer les différents représentants de nos institutions belges tout au long des mois qui vont suivre. La population médusée, observe avec une honte grandissante ceux qui la représentent...
3 septembre 96 Découverte des corps de An et Eefje à Jumet, au domicile d'un complice de DUTROUX, assassiné par celui-ci : Bernard WEINSTEIN. La solidarité des familles réunies dans la peine se resserre. Autour d'eux, la solidarité populaire s'accroît de la même façon.

# Posté le lundi 19 juin 2006 10:53

lè date (encore et tjs suite)

lè date (encore et tjs suite)
Quelques jours plus tard, les familles de Julie et Mélissa, An et Eefje, Elizabeth BRICHET, Liam VANDENBRANDEN, Sabine DARDENNE, Loubna BENAÏSSA, Gevrije CAVAS, Kim et Ken HEYMAN,... sont rassemblées face à la presse dans un plaidoyer commun pour la prise en compte réelle et efficace des disparitions et assassinats d'enfants en Belgique.
14 octobre 96 Suite à l'action en récusation légitime, intentée par les avocats des inculpés DUTROUX et NIHOUL, contre le juge CONNEROTTE de Neufchâteau, la Cour de Cassation, implacablement, prend la décision de son dessaisissement. La démonstration du décalage entre "idée de justice" et "monde de la justice", est faite. Le seul juge qui se soit montré capable de sauver des vies d'enfants en les extirpant du monde polycriminel d'un DUTROUX, est sanctionné par ses pairs. Il sera le seul acteur judiciaire à subir ce type de sanction tout au long du déroulement de cette affaire. Un sentiment d'angoisse dû à l'incompréhension d'une telle injustice prend corps en s'intensifiant au sein de la population.
20 octobre 96 A l'appel des familles RUSSO, LEJEUNE, BOUZET, MAAST, MARCHAL et BENAISSA (parents de Julie, Mélissa, Elizabeth, Kim et Ken, An et Loubna), une marche est organisée à Bruxelles. Elle s'avérera être la plus vaste manifestation pacifique que l'histoire de la Belgique ait connue : 300.000 personnes aux dires de la gendarmerie. Les organisateurs (les parents eux-mêmes avec leurs familles et leurs amis) submergés par la densité de la foule, ne pourront, quant à eux, jamais présenter leurs chiffres. Mais on estime que le décalage habituel entre les chiffres gendarmerie et ceux des organisateurs peuvent être de l'ordre du simple au double.
Les conséquences et retombées de cette Marche blanche, très hâtivement organisée, seront multiples, tant positives que négatives, mais en tous les cas, elles feront et font toujours couler beaucoup d'encre. Une de ses premières conséquences sera, dès le lendemain, le vote unanime à la Chambre pour l'institution d'une Commission d'enquête parlementaire sur les disparitions d'enfants en Belgique.
Novembre 96 Le travail de la Commission Parlementaire a démarré sur les chapeaux de roue. Les auditions de nombreux acteurs judiciaires concernés par les échecs des affaires Loubna, An et Eefje, Sabine, Julie et Mélissa vont se succéder pendant de longs mois.
En novembre, l'ex-ministre de la Justice Melchior WATHELET est appelé à justifier publiquement sa décision de libération anticipée de Marc DUTROUX, déjà condamné et incarcéré en 85 pour faits de viols et enlèvements d'enfants. "Je n'ai pas signé les yeux fermés" sera la principale et incroyable sentence que l'on retiendra de son passage en Commission. Ce qui signifiait très clairement, qu'il était bel et bien entièrement responsable de la légèreté de cette décision de libération. Mais aujourd'hui encore, l'ex-ministre, devenu juge européen à Strasbourg, estime que la responsabilité politique ne pouvait le concerner puisqu'il n'était plus en fonction. N'est-il pas, pourtant, permis de penser qu'un tel mauvais jugement sur la libération d'un DUTROUX, de la part d'un ancien ministre n'était pas un gage de confiance à accorder à celui qui désormais ferait profession de juger à Strasbourg ? De houleux débats parlementaires sur ce point, ne déstabilisèrent jamais Melchior WATHELET, lequel, "la conscience tranquille", continua et continue de siéger à la Cour européenne.
4 décembre 96 Les familles RUSSO, LEJEUNE, MARCHAL et BENAÏSSA se pourvoient en Cassation contre le dessaisissement du juge CONNEROTTE, désormais appelé "arrêt-spaghetti".
13 décembre 96 La Charte constitutive des Comités Blancs est lancée. Elle naît d'une volonté citoyenne de ne pas laisser considérer la Marche blanche comme un aboutissement mais plutôt comme le départ d'une nouvelle forme de citoyenneté, principalement vigilante à l'enfance, dans ce qu'elle représente d'avenir de l'humanité.
Janvier 97 Les dossiers d'enfants disparus et assassinés instruits à Neufchâteau sont la principale préoccupation des médias. A ce propos, l'opinion se pose de graves questions : Que sont devenus les autres enfants toujours portés disparus ? Sont-ils en relation avec les dossiers de Neufchâteau ? Qui sont les commanditaires de ces enlèvements d'enfants ? DUTROUX et NIHOUL bénéficiaient-ils de protections ? DUTROUX n'est-il qu'un maillon d'un réseau pédophile ? N'y a-t-il qu'un seul réseau ou plutôt une nébuleuse de trafiquants œuvrant en Belgique depuis de nombreuses années ? Existe-t-il des liens avec des sectes sataniques ? Quels sont les véritables liens entre le ferrailleur DUTROUX et l'homme d'affaires NIHOUL ? Le ou les réseaux auxquels ils participent ont-ils des ramifications à l'étranger ? Des mineurs ont-ils été contraints de participer aux parties fines organisées par NIHOUL ? DUTROUX est-il mêlé à d'autres affaires criminelles ?
Chacun espère que l'année 97 fournira les réponses à ces questions. Mais les années passant, il faudra bien constater que dans les sphères du pouvoir, on s'attellera plutôt à les faire oublier qu'à contribuer à la recherche des réponses.

# Posté le lundi 19 juin 2006 10:54