4 mars 97 Certains journaux publient des noms de personnalités qui auraient été cités par NIHOUL aux enquêteurs de Neufchâteau : DE DONNEA, KUBLA, VANDENBOEYNANTS, VANCAUWENBERGH,... Le monde politique est tout en émoi. Les sources des journalistes ne seront jamais connues.
5 mars 97 Le corps de la petite Loubna, portée disparue depuis août 1992, est retrouvé à cent mètres de son domicile, chez un autre pédophile récidiviste : Patrick DEROCHETTE.
8 mars 97 Ce jour-là, on célèbre les funérailles nationales de Loubna.
14 Avril 97 La Commission d'enquête parlementaire sur les disparitions d'enfants dépose son premier rapport sur les responsabilités des échecs des enquêtes judiciaires et les recommandations pour l'avenir. Ce rapport est voté à l'unanimité par l'ensemble du Parlement.
Mai 97 Le procès DUTROUX et consorts est annoncé pour l'automne 98.
Juin 97 Ultime recours des parents RUSSO et LEJEUNE contre "l'arrêt spaghetti" à la Cour européenne des Droits de l'Homme. Cette dernière action sera rejetée.
24 juin 97Deuxième anniversaire de l'enlèvement de Julie et Mélissa et toujours pas de réponse à la question de savoir qui est l'auteur de ce crime. Ce même jour, les parents devront déplorer une récupération éhontée de cette date - hautement symbolique à leurs yeux - par le politique. En effet, c'est cette date que le Premier ministre a choisie pour annoncer la première réunion du Conseil d'Administration du Centre pour enfants disparus, à la tête duquel est nommé D. CARDON de LICHTBUER (ex-P.-DG de la BBL) pour représenter la société civile !
Juillet 97 La presse annonce le terme de l'enquête de Neufchâteau. Maître SLUSNY, avocat du complice de DUTROUX, Michel LELIEVRE, déclare haut et fort que désormais "On sait tout ce qu'il y a à savoir". Il reste trois inculpés en prison : DUTROUX, MARTIN et LELIEVRE. Toutes les autres personnes inculpées, par le juge CONNEROTTE pour les faits instruits à Neufchâteau, ont été libérées : NIHOUL, BOUTY, PINON, ZICOT,...
Août 97 La gendarmerie, par la voix de son major GUISSART, fait le bilan d'un an d'enquête à Neufchâteau : 174 enquêteurs travaillant sept jours sur sept - c'est à dire quatre fois plus qu'au plus fort de l'enquête sur les Tueries du Brabant - dont un qui n'a pas tenu car ce qu'il apprenait lui était insupportable, ajoute le major.
Autres chiffres sans précédent historique :
7500 procès-verbaux ;
plus de 5000 lots de pièces saisies (chaque lot peut contenir une à vingt pièces) ;
5400 renseignements à exploiter obtenus par le 0800.
"Du jamais vu !" conclut la presse.
Tandis que le ministre de la Justice, DECLERCK, déclare : "Il ne faut pas traîner car la population veut toute la clarté sur cette affaire".
Victor HISSEL, l'avocat des RUSSO et des LEJEUNE, déclare quant à lui que : "La tenue d'un procès pour 98 semble impossible. De trop nombreuses questions restent sans réponse".
Le substitut du parquet général CZAPLICKI déclare pour sa part : "Je doute qu'on obtienne un jour les réponses à toutes les questions mais voir se dérouler le procès à l'automne 98 est tout à fait plausible".
La presse signale de son coté : "La Justice n'est pas là pour répondre à l'attente du public. Elle est là pour faire toute la vérité, rien que la vérité".
Octobre 97 Un mois particulièrement riche en fuites. Des procès verbaux d'auditions de NIHOUL, mettant en cause des avocats, des hommes politiques et des magistrats, circulent dans toutes les rédactions. La presse se plaint de fuites organisées dans un but de déstabilisation. Certains affirment que derrière celles-ci figurent des intérêts liés à l'extrême-droite et commencent à se plaindre que ces fuites organisées ne soient suivies d'aucune enquête. Effectivement, malgré l'avertissement tonitruant du Procureur Général THILY en commission d'enquête, un plus tard - "Les fuites c'est TER-MI-NÉ !" - rien ne sera mis en place pour faire cesser cette étrange circulation de procès-verbaux de Neufchâteau.
13 octobre 97 Les parents de Julie et Mélissa sont déboutés par la Cour européenne de leur requête contre "l'arrêt spaghetti".
17 octobre 97 Le président de la Commission d'enquête, Marc VERWILGHEN, se déclare déçu par l'absence de résultats des travaux de la Commission en ce qui concerne les sanctions qui auraient dû être prises à l'encontre des responsables des enquêtes ratées sur les enlèvements d'enfants. "Je me demande pourquoi nous avons fait autant d'efforts. On dit souvent que nous avons fait un travail gigantesque. Mais gigantesque pour quoi ?" déclare-t-il.
25 octobre 97 Le Procureur Général THILY intime au Procureur BOURLET de Neufchâteau de cesser d'entretenir tout contact avec la presse avec les parents.
Janvier 98 La presse divulgue les fameux témoignages X. Le Procureur du Roi bruxellois DEJEMEPPE ouvre une enquête pour violation du secret de l'instruction. Le ministre Stefaan De CLERCK rassure : "Les enquêtes sur les dossiers annexes (les dossiers X) de Neufchâteau ne sont pas au point mort. L'affaire DUTROUX est trop importante pour qu'il en soit ainsi".
30 janvier 98 Une conférence de presse exceptionnelle réunit tous les magistrats en charge des dossiers connexes de l'affaire DUTROUX. Ils sont onze au total, dont les deux magistrats nationaux, pour expliquer que "rien ne permet de croire aux déclarations du témoin X1 (Régina LOUF), pour lesquelles il n'existe aucun début de preuve". Mais ils certifient que "les vérifications se poursuivent ". Pas un mot concernant les autres témoins X. Cette sorte de mise au point très concertée inquiète plus qu'elle ne rassure car elle pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. La perplexité générale s'installe.
4 février 98 Gino RUSSO appelle à une manifestation "contre la loi du silence" à Bruxelles et en soutien à Jean-Marc CONNEROTTE dont on annonce déjà que le mandat de juge d'instruction pourrait ne pas être renouvelé, au Procureur BOURLET à qui il a désormais été interdit par sa hiérarchie de s'exprimer librement, à son avocat Victor HISSEL qui se voit systématiquement refuser par son bâtonnier de participer à tout débat public, et à certains journalistes, Michel BOUFFIOUX en particulier, que la somme d'inculpations judiciaires dont il est l'objet risque également de réduire au silence. Bref, en soutien à tous ceux qui osent encore dénoncer les errements et les manquements des enquêtes sur les enfants disparus.
