suite de l'interview

suite de l'interview
Humo :
Comme si vous souffriez d'un handicap dont personne n'ose parler.
Carine :
"C'est un peu cela. Les gens qui représentent le pouvoir n'osent pas nous parler de notre affaire. Comme s'ils voulaient nous faire comprendre : "La vie continue, il y a d'autres choses au monde." Voyez-vous, je trouve que nous sommes assez ouverts à toutes ces autres choses ; nous nous intéressons à ce qui se passe autour de nous. Mais on ne peut pas espérer que nous allons évacuer ce problème particulier. Nous devons vivre avec, et cela jusqu'à la fin de nos jours."
Humo :
Mélissa avait encore un petit frère, Grégory. Comment a-t-il réagi lors de la disparition de sa s½ur ?
Carine :
"Grégory avait dix ans quand Mélissa a disparu, il en a dix-sept et demi maintenant. Je réalise de plus en plus combien cela a dû être difficile pour lui. Les premières années après la disparition, il a dû se débrouiller tout seul. Nous étions tellement pris par la recherche de Mélissa qu'il a dû souvent avoir le sentiment qu'il ne venait qu'en second lieu. Nous tentions de garder l'équilibre, mais c'était très difficile. Grégory n'a pas eu une enfance normale. Parfois je pense qu'il a vraiment dû sacrifier une partie de sa jeunesse. Malgré cela, il ne nous reproche rien. Au contraire, il nous a toujours donné l'impression qu'il était fier de nous. Il ne le dit pas, mais cela se perçoit dans son attitude."
Humo :
Cela doit être un immense soulagement.
Carine :
"Nous lui avons toujours expliqué que ce que nous faisions pour sa petite s½ur, nous l'aurions fait exactement de la même manière pour lui. Je pense qu'il l'a toujours compris. Il a aussi eu beaucoup de chance d'avoir de très bons amis : ils l'ont toujours accueilli. (Elle sourit). Ils sont tellement liés que maintenant qu'ils sont en terminale, ils ont peur de ce qui va se passer quand chacun aura choisi sa voie. Ces amis ont aidé Grégory à combler un peu l'immense vide provoqué par la disparition de Mélissa."
Humo :
Grégory et Mélissa s'entendaient-ils bien ?
Carine :
"Ils étaient comme les doigts de la main. Les amis de l'un étaient ceux de l'autre. La différence d'âge n'était pas grande, ils avaient huit et dix ans. Greg servait d'exemple à Mélissa, et le grand frère prenait soin de sa petite s½ur. Nous ne parlons que peu de Mélissa avec lui, mais parfois elle vient très spontanément dans la conversation : "Tu te souviens, quand nous sommes allés là-bas avec Mélissa, ou quand nous avons fait cela ?""
Humo :
En tant que parent, comment vivez-vous le chagrin de la perte de votre enfant ?
Carine :
"Nous ressentons un immense sentiment de culpabilité. (Elle soupire). C'est difficile à expliquer. Vous vous sentez complètement nul comme parent. Vous mettez un enfant au monde parce que vous voulez tout lui donner ; dès ce moment, cet enfant donne un sens à votre vie, simplement parce qu'il est là. Et un jour, vous restez en rade sans lui. Il est mort, et vous vivez encore. Ce n'est pas normal : comme parent, vous devez voir grandir votre petit, et vous devez mourir avant lui. Vous pouvez perdre vos parents, des amis, c'est toujours difficile. Mais quand vous perdez votre enfant, vous perdez un morceau de vous-même. Un jour à Walibi j'ai vu une maman dans une voiturette avec ses deux enfants autour d'elle. Elle ne pouvait bien sûr participer à rien, mais elle était là, pendant que ses enfants s'amusaient. (Silence). Cela m'a fait mal au coeur. J'étais jalouse. J'aurais tellement aimé être à sa place. Elle ne pouvait pas marcher, mais elle avait ses deux enfants près d'elle. Et moi, j'ai tout, j'ai encore mes bras et mes jambes, mais ce qui me manque est bien pire, même si cela ne se voit pas directement."

# Posté le mardi 20 juin 2006 16:44

encore suite de l'interview

encore suite de l'interview
Humo :
Trouvez-vous de la consolation en parlant avec des parents qui ont perdu un enfant dans d'autres circonstances, un accident de voiture par exemple ?
Carine :
Oui, nous avons un contact immédiat. La plupart des parents qui ont perdu un enfant essaient d'ennuyer le moins possible leur entourage avec leurs souvenirs. Ils ont très envie de parler de leur enfant, mais ils ne le font pas, pour ne pas mettre les autres mal à l'aise. Dans votre entourage, personne n'aborde le sujet, par peur de vous blesser. Ce n'est que quand nous sommes entre nous, avec ces autres parents, que nous parlons sans cesse de nos enfants décédés. Cela fait un bien énorme, cela adoucit un peu le chagrin. Marie-Noëlle Bouzet, la maman d'Elisabeth Brichet, ressent cela de la même manière. Elle a toujours été pour moi comme une grande s½ur. Nous nous appelons de temps à autre, et dès que nous entendons nos voix, nous nous sentons déjà mieux. (Attendrie) Nous parlons alors de nos filles. Ce n'est pas du tout triste, vous savez, cela se passe très normalement : "Tu sais, Mélissa faisait ceci et aimait cela, et si et la... Ah oui, Elisabeth le faisait aussi souvent..." Pour nous ce sont de très beaux moments. Nos enfant sont alors avec nous. J'avais encore Marie-Noëlle au téléphone la semaine dernière - c'était le matin au Canada, le soir en Belgique. Elle m'expliquait qu'elle avait commencé à faire ce jour-là un grand patchwork de tous les vêtements d'Elisabeth. "Je les coupe en petits morceaux et j'en fais une belle couverture" disait-elle. "Tu as encore tous les vêtements d'Elisabeth alors ?" Je trouvais cela fantastique : elle a tout vendu, sa maison, sa voiture, tous ses biens en Belgique, mais elle a emporté les vêtements d'Elisabeth, même ceux de quand elle était encore bébé. Et elle en faisait donc un patchwork. Si vous racontiez cela à quelqu'un d'autre, il hocherait la tête avec compassion : "A quoi s'occupe-t-elle, pauvre femme..." Mais moi je trouvais cela très significatif. C'est quelque chose de bien, qui vous aide à continuer à vivre, c'est une façon de garder nos enfant près de nous."
Humo :
Vous disiez il y a un instant que vous étiez coincée dans ce rôle de "parent d'un enfant assassiné". Vous sentez-vous parfois entravée quand vous avez envie de rire en public ou de vous amuser ?
Carine :
"En principe, je devrais être perpétuellement triste, pour ne pas choquer les gens. Mais je ne peux pas. Parfois, lorsque nous sortons, les gens disent entre eux "Regarde, voilà les pauvres parents de Julie et Mélissa." Eh bien, on s'en fout. Si j'ai envie de rire, je ris. Si j'ai envie de danser, je danse. Vous vivez, le sang coule dans vos veines, vous n'avez pas le choix. Je pourrais m'enfermer à la maison et pleurer toute la journée, mais ça ne servirait à rien. Sortez, sortez de chez vous, si difficile que ce soit ! A un moment donné, il vous faut rassembler toutes vos forces et dire : non, je ne veux pas passer le reste de ma vie dans cette tristesse. Le téléphone sonne, quelqu'un vous invite, vous n'avez pas envie, mais vous y allez quand même ; sans cela vous dépérissez lentement. Gino et moi ne refusons en principe aucune invitation. Cela peut sembler choquant, mais quand il y a de la joie dans l'air, lors d'un mariage par exemple, et que les gens font la fête, nous tentons de partager leur bonheur, pour eux. Parfois je me dis que nous vivons ces moments de bonheur plus intensément que d'autres. Nous les ressentons beaucoup plus fort, parce que nous en savons la fragilité.
Humo :
Vous êtes apparue d'un coup après la disparition de Mélissa. Avec Gino, vous avez immédiatement parlé à la presse.
Carine :
"Nous avions aussi la chance de ne pas être seuls, d'avoir des gens autour de nous qui nous soutenaient. Bien sûr il y a des moments de solitude, parce qu'il y a des choses qu'on ne peut partager avec personne. Nous avions tous la chance d'avoir encore d'autres enfants, pour qui nous devions continuer à vivre. Pour des parents qui perdent leur seul enfant, ce doit être encore beaucoup plus difficile."
Humo :
Pendant des années vous vous êtes plongés dans le dossier judiciaire. Etait-ce une manière de réagir par rapport à votre chagrin ?
Carine :
Je pense qu'il s'agit de deux éléments - le dossier et le chagrin - que vous ne pouvez simplement pas séparer. Quand je plonge dans le dossier pour tenter de comprendre ce qui s'est passé avec les deux petites filles, j'ai parfois l'impression de rechercher dans une partie de ma mémoire : il s'est passé quelque chose, toute notre vie est bouleversée, mais nous ne savons pas exactement par quoi. C'est un grand trou noir, et le dossier ne donne pas la moindre réponse quant à ce qui se trouve dans de trou noir. C'est cela qui est difficile : il y a toute une période de la vie de ma fille dont je ne sais rien."
Gino Russo entre. Il se joint immédiatement à la conversation et parle d'une interview parue dans la presse dans laquelle Paul Marchal déclare comprendre que les Russo ne participent pas au procès "parce qu'ils sont épuisés".
Gino :
"Une chose doit être claire : nous ne sommes pas épuisés."
Carine (elle hausse le ton) :
"Cela signifierait que nous participons aux petits jeux malsains de la justice. Non, nous y résistons justement."
Gino :
"Pendant sept ans, nous n'avons entendu qu'une seule chose : laissez les professionnels mener l'enquête ! Maintenant, nous avons tout lu, nous avons une vue assez claire du dossier, et nous avons conclu que ce serait absurde de participer au procès. Ce sera un grand cirque, basé sur un scénario négligé, et nous ne voulons absolument pas y prendre part. Qu'ils jouent entre eux."
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# Posté le mardi 20 juin 2006 16:50

suite et fin de l'interview

suite et fin de l'interview
Humo :
Pourquoi cette décision ?
Gino :
Cette idée nous est venue petit à petit. Il ne faut pas perdre de vue que nous avons déjà parcouru tout un chemin depuis juin 1995, quand les fillettes ont disparu. Pendant toutes ces années, nous avons vu échouer tant de choses... Prenons les magistrats et les policiers qui, d'après la commission d'enquête Dutroux-Nihoul, ont bâclé les recherches des enfants assassinés et disparus. Normalement, les fautes sont suivies de sanctions, non ? La plupart de ces personnes ont bénéficié d'une promotion. Il y a deux ans, nous avons décidé de déposer plainte contre trois gendarmes (René Michaux, qui a raté les perquisitions chez Dutroux, Jean Lesage et Valère Martin, ndlr). Nous voulions ainsi obliger la justice à vérifier si leurs erreurs avaient conduit à la mort de notre fille. Mais lorsque la plainte atterrit à Neufchâteau, personne ne voulut s'en occuper. Ils l'ont simplement jointe au grand dossier Dutroux 86/1996, et elle est restée là pendant tout ce temps. Le juge d'instruction Langlois a oublié de l'envoyer en chambre du conseil. Avec pour conséquence que ces trois gendarmes se retrouvent maintenant dans le réquisitoire de Bourlet."
Humo :
Comment ?
Gino :
"Ils sont accusés de complicité de meurtre, aux côtés de Dutroux, Martin et Lelièvre. Ce n'était absolument pas notre but, mais du fait que personne n'avait retiré la plainte du dossier, Bourlet ne pouvait rien faire d'autre que de la reprendre dans son réquisitoire. Voilà. N'est-ce pas absurde ? Et tout le dossier regorge de telles inepties Encore un exemple. Il y a deux ans, la maman de Michelle Martin est décédée. Lorsque sa maison de Waterloo a été vendue il y a quelques mois, le nouveau propriétaire y a encore trouvé une pile de fausses cartes d'identité de Dutroux, et des faux permis de conduire. Je pensais qu'à l'époque ils avaient tellement cherché, avec ces trois cents enquêteurs ?"
Carine :
"Ils trouvaient suspecte la mort de la mère de Michelle Martin : on soupçonnait qu'elle avait été lentement empoisonnée depuis des années par Dutroux. Nous avons récemment eu la visite d'un témoin qui l'a très bien connue. Cette femme nous a raconté qu'en mars 1996 déjà, elle était allée, avec la mère de Martin, déposer une plainte contre Dutroux. Mars 1996 : c'est la période pendant laquelle Dutroux est en prison, Julie et Mélissa dépérissent dans la cache, et il n'est pas encore question de l'enlèvement de Sabine et Laetitia. La mère de Michelle Martin était morte de peur devant la violence de Dutroux. Elle soupçonnait Dutroux d'enlever des enfants. Mais à Waterloo on n'a jamais rien fait de cette plainte. En septembre 1996, après que l'affaire Dutroux ait éclaté, la dame a témoigné à nouveau, à Neufchâteau cette fois. Le juge d'instruction Connerotte a acté la plainte dans le dossier, mais par après Langlois, son successeur, l'a mise de côté. D'autres témoignages encore ont disparu dans les méandres du dossier."
Humo :
Il a été récemment décidé à Liège qu'il y aurait deux enquêtes dans le dossier : après le procès il y aura encore une enquête Dutroux bis sur l'existence éventuelle de réseaux.
Gino :
"Dans cette enquête, ils ont ramassé tout ce dont ils ne savaient que faire, tout ce qui s'écartait de leurs propres thèses. Ils vont laisser s'endormir ce dossier bis doucement, et puis voilà. Plus personne ne devra s'en soucier !"
Carine :
"Restons réalistes. Quand le procès Dutroux sera terminé, quels enquêteurs auront encore envie de continuer à travailler sur la partie la plus difficile du dossier, et qui les soutiendra encore ?"
Gino :
Nous avons appris qu'il était déjà prévu de longue date que le dossier serait scindé en deux parties dès que serait venu le moment d'un procès en assises. Avec le dossier tel qu'il est maintenant, ils auraient déjà pu tenir le procès il y a trois ans. Mais à ce moment-là, tout était encore trop sensible dans l'opinion publique, ils ont donc attendu que l'intérêt diminue un peu. Je suis convaincu que c'était une stratégie, dans l'intérêt de l'Etat : on voulait conserver le calme dans le pays."
Humo :
Que contient encore le dossier bis ?
Gino :
"Tout ce qui les dérange. Les six mille cheveux qu'ils ont trouvés dans la cave de Dutroux et dans sa voiture, par exemple. Il y a six ans, Connerotte a demandé une analyse de l'ADN de ces cheveux, de manière à pouvoir vérifier qui avait été dans la cave. Quand Langlois lui a succédé, ce devoir a traîné pendant des années. Il n'a été "découvert" quand l'enquête était pratiquement terminée. Ils ont alors commencé l'analyse des premiers cheveux, mais maintenant qu'un procès doit avoir lieu aux assises, le procureur général de Liège, Anne Thily a décidé que l'analyse doit être arrêtée et que les cheveux doivent rejoindre le dossier bis."
Humo :
Il y a aussi beaucoup à faire au sujet des traces qu'on a retrouvées dans la cave où se trouvaient les fillettes. On a trouvé des traces de sperme de vingt cinq "inconnus", mélangées aux ADN d'An, Julie et Mélissa.
Gino :
"Ouais, c'est bizarre. Cela ne signifie pas qu'il y a eu vingt cinq "inconnus" dans la cache, mais simplement qu'ils ont trouvé vingt cinq traces qu'ils ne pouvaient pas lier à leurs suspects. Et trois pour cent seulement des analyses ont été effectuées."
Carine :
"Quasiment toutes les critiques que Bourlet a formulées au sujet de la soi-disant procédure 136 bis sont escamotées dans l'enquête bis. Voici les questions que Bourlet se posait."
Carine Russo disparaît dans la pièce d'à côté et revient avec trois énormes classeurs.
"Il leur a fallu huit mois à Liège pour étudier les questions de Bourlet. Pendant ce temps, l'enquête était à l'arrêt. Et voici enfin leur réponse" Elle montre deux feuilles de papier.
Gino :
"Un arrêt d'une page et demie. Même le communiqué de presse Belga était plus long, parce qu'il était basé sur les commentaires de Thily. La conclusion était évidemment que tout le monde avait bien travaillé à Neufchâteau."
Humo :
D'après vous, les devoirs d'enquête les plus importants n'ont toujours pas été réalisés. Pouvez-vous m'en donner un exemple ?
Carine :
"Dutroux, Martin et Lelièvre se contredisent constamment eux-même et entre eux, mais à aucun moment de l'enquête on ne leur demande d'explication à ce sujet. Alors que quand un témoin agit de la sorte, on le taxe tout à coup de "fou" ou de "pas crédible". Un exemple : Dutroux est interrogé au sujet de la mort de Julie et Mélissa. La première fois il dit que Julie était déjà morte quand il est sorti de prison, et que Mélissa vivait encore. La deuxième fois, il affirme avoir tenté de sauver Julie, mais qu'elle est morte dans ses bras, et que Mélissa a encore vécu cinq jours... Michelle Martin, elle, déclare que les fillettes sont mortes au même moment, le lendemain de la libération de Dutroux. Des exemples pareils, il y en a des dizaines. Notre avocat a un jour demandé pourquoi les suspects n'étaient pas confrontés à leurs propres contradictions. Langlois lui a répondu que tout cela aurait lieu "en temps utile"."Nous les laissons d'abord parler, et après nous les confrontons avec leurs contradictions." Eh bien, ce moment n'est jamais venu. Et maintenant l'enquête est terminée".
Humo :
Des experts juridiques disent que ces confrontations peuvent encore avoir lieu lors du procès d'assises.
Carine :
"A quoi servait l'enquête, alors ? Elle a duré sept ans, des centaines d'enquêteurs y ont collaboré, cela a coûté des millions à la communauté. Ne faut-il pas alors se présenter au tribunal avec un dossier relativement bien ficelé ? Mais non, les questions importantes seront posées au moment du procès, en deux-trois mois de temps. Un autre exemple : l'enlèvement d'An et Eefje. Langlois a refusé la reconstitution que Paul Marchal avait demandée parce que personne ne sait exactement dans quelle rue les jeunes filles ont été attrapées. "Si c'est nécessaire, nous procéderons à la reconstitution lors du procès", a déclaré Langlois. Comment vont-ils organiser cela ? Vous voyez tout le jury et tous les magistrats prendre le train à Arlon pour se rendre à Ostende, en excursion, pour aller assister à la reconstitution ?"
Humo :
Certaines personnes disent : que voulez-vous en réalité ? Maintenant vous avez un procès, et cela ne suffit pas encore.
Carine :
"Pour certains ce procès a peut-être du sens. Je pense à Sabine et Laetitia... C'est sans doute bien aussi pour Dutroux, mais pour nous cela n'a pas de sens. Je ne vois qu'un côté positif au procès : ils vont enfin cesser de faire semblant de chercher. C'est malsain pour tout le monde. Il était temps que cela cesse."
Gino :
"Nous n'avons pas encore parlé des rapports d'autopsie. Quelle foire ! Chaque expert arrive à des conclusions différentes. Ils vont rigoler au procès, vous savez. Vous vous souvenez que les premiers rapports d'autopsie avaient été établis par des experts belges. Deux ans plus tard, le juge Langlois désigne un expert français pour qu'il procède à une nouvelle autopsie. Il devait déterminer s'il était possible que les lésions sur les corps des enfants aient une autre cause que des abus sexuels. Que fit apparaître le rapport de l'expert français ? Il s'était carrément trompé de corps ! (Il s'agit des rapports d'autopsie d'An et Eefje, dont les corps avaient intervertis par l'expert, ndlr). J'aimerais bien savoir s'ils oseront évoquer cela au procès."
Carine :
"Ce sont des fautes tellement énormes, il n'y a pas de mots." Gino : "Lorsqu'ils ont déterré les corps de Julie et Mélissa dans le jardin de Dutroux, ils ont prélevé des échantillons sur les corps, pour voir si on pouvait trouver des traces d'ADN de leurs abuseurs. Ces échantillons ont été portés à un laboratoire, ils ont été analysés et puis on n'en a plus entendu parler.
"Tiens, dit Carine, je ne trouve pas les résultats dans le dossier."
Elle demande une explication à Langlois qui lui répond que l'analyse n'a apporté aucun élément neuf et que donc aucun rapport n'a été établi. Nous avons donc insisté pour qu'on établisse quand même un rapport..."
Carine :
"... et qu'ont-ils fait ? Ils ont rédigé un rapport dans lequel ils déclarent que les échantillons prélevés sur Mélissa provenaient bien de Mélissa ! Nous répondons poliment à l'expert que nous aurions aimé savoir si d'éventuelles traces d'ADN autres que le sien avaient été trouvées sur son corps. Sur quoi l'expert déclare qu'à bien y regarder, il n'est pas tout à fait sûr qu'il s'agisse bien du corps de Mélissa. Il faut lire ces rapports, c'est de la folie intégrale." Humo : Le procureur général de Liège Anne Thily a été interrogée récemment à ce sujet par la BBC dans une émission sur l'affaire Dutroux.
Gino :
"C'était une prestation honteuse. Elle ment pendant toute l'intervieuw. Normalement, étant le plus haut représentant de la justice belge, elle devrait donner le bon exemple, mais non."
Carine :
"Pendant des années, vous voyez se produire ce genre de choses. A un moment donné, on se dit : nous ne sommes pas fous, nous ne participons pas à cela. Si je faisais partie du jury, je ne saurais pas non plus qu'en penser." Gino : "C'est beaucoup plus difficile d'arrêter que de continuer ce petit jeu. On attend de nous que nous "défendions notre point de vue" lors du procès. Je considère cela comme une insulte. Ils nous prennent vraiment pour des imbéciles !"
Carine :
"Au procès, seule la vérité judiciaire comptera. Mais qu'est ce que cela signifie, la vérité judiciaire ? Ce qu'on veut bien dire aux gens, rien de plus. Mais ce n'est pas la vérité. Et celle-là, nous continuerons à la chercher."
Humo :
Pensez-vous parfois à émigrer, comme Marie-Noëlle Bouzet ?
Gino :
Tous les jours. Mais il faut avoir les moyens.

# Posté le mardi 20 juin 2006 16:54

la meuse du 08 août

la meuse du 08 août
Kom vs l'avez certainemen vu, la meuse de Liège du 08 août publiai un dossier consacré à l'affaire Dutroux. Je ne sui malheureusemen pa en possession de ce journal mai g pu kan mm trouver l'édition spécial consacré à cet affaire sur le net et g décidé de partager cet image ac vs.

# Posté le mercredi 09 août 2006 11:20

édition spéciale (1)

édition spéciale (1)

# Posté le mercredi 09 août 2006 11:21